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James Holman, l’aventurier aveugle qui a vu le monde !

Le livre « L’écho du monde » en braille

La couverture du livre en noir et celle du livre en braille. Texte : "L'aveugle qui a vu le monde".

L’Écho du monde, ou la vie d’une figure oubliée de l’histoire de la cécité et de l’exploration mondiale. Né en 1786, officier de la Royal Navy, il fut à bien des égards la quintessence de l’explorateur. Il s’appelait James Holman. Son histoire peut parfois paraître improbable, elle n’en est pas moins vraie.

Bienvenue dans le livre L’Écho du monde – Aventures d’un voyageur aveugle, de Jason Roberts, traduit et publié en France par les Éditions Paulsen et adapté en braille par le CTEB pour une sortie commune.

Un aventurier que l’Histoire avait oublié

Né en 1786, James Holman rêvait depuis l’enfance de régions lointaines. Puis la maladie lui fit perdre la vue. À une époque où la cécité signifiait souvent retrait, dépendance et exclusion, sa vie aurait pu se refermer.

 

Il choisit exactement l’inverse : il partit.

Souvent seul. Avec peu d’argent. Sans toujours parler la langue des pays où il arrivait. En bateau, à cheval, à pied ou en charrette, il parcourut l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Australasie et les Amériques. Il affronta les froids de Sibérie, voyagea à Ceylan et participa en Afrique à une expédition liée à la lutte contre la traite des esclaves. Il s’intéressa aux peuples, aux langues, aux animaux et aux paysages, Il observa tout. Il raconta tout.

Loin d’être seulement un voyageur téméraire, James Holman devint aussi un homme de savoir. Il écrivit, étudia, collecta des informations, fréquenta les milieux scientifiques et fut membre de la Royal Society. Ses observations furent suffisamment reconnues pour être citées, entre autres, par Charles Darwin. Pendant un temps, il fut célèbre. Puis l’Histoire l’oublia.

Un livre qui se lit comme une aventure

Avec L’Écho du monde, Jason Roberts ne nous livre pas une biographie poussiéreuse. Il nous fait embarquer. Mers dangereuses, volcans, guerres, maladies, rencontres imprévues, expéditions qui tournent mal… Le livre possède le souffle des grands récits d’exploration tout en reconstituant avec une précision remarquable les sociétés du XIXᵉ siècle. Royal Navy, guerres napoléoniennes, médecine, croyances scientifiques, hiérarchies sociales, condition des personnes aveugles : tout un monde reprend vie autour de James Holman.

Et jamais celui-ci ne se laisse réduire à son handicap. Il s’y adapte, en assume les contraintes et les risques. Curieux, téméraire, obstiné, souvent drôle et passionné de liberté, il est d’abord un explorateur au mental hors du commun.

Que signifie « une autre façon de voir le monde » ?

C’est là que le livre devient plus profond encore. Car une question traverse tout le livre : que signifie connaître le monde lorsque la vue n’est pas le sens dominant ?

Holman écoute, touche, marche, interroge et mémorise. Il utilise sons, distances, matières, reliefs et mouvements pour comprendre les lieux qui l’entourent. Non, ses autres sens ne sont pas miraculeusement « plus développés ». Ce qui change, c’est l’attention portée aux informations et la capacité à les interpréter. Il construit ainsi une véritable connaissance sensorielle du monde.

C’est pourtant cette connaissance que certains de ses contemporains finirent par contester : puisqu’il ne voyait pas, pouvait-il réellement prétendre connaître les pays qu’il parcourait ?

Près de deux siècles plus tard, cette question nous renvoie à nos propres représentations de la cécité.

Le XIXᵉ siècle comme miroir d’aujourd’hui

Le livre raconte aussi, en filigrane, la place réservée aux personnes aveugles au XIXᵉ siècle. Parfois, Holman bénéficie d’une liberté et d’une autonomie étonnantes. Ailleurs, la cécité suscite méfiance, pitié ou exclusion. Une époque pouvait ainsi admirer un homme aveugle pour ses exploits tout en contestant sa parole à cause de son handicap. Son histoire n’est donc ni celle d’un homme qui aurait « vaincu » sa cécité, ni celle d’un héros. C’est celle d’un homme qui voulait simplement vivre pleinement et correspondre au plus profond de lui-même.

 

À votre tour de partir

L’Écho du monde – Aventures d’un voyageur aveugle, de Jason Roberts, paraît simultanément en langue française en noir et en braille abrégé ou intégral. Pour les particuliers, ce livre est au même prix que celui pour les voyants : 24€ ! Un même livre, deux versions, un même prix et, désormais, nous l’espérons, un nom qui ne retombera plus dans l’oubli : celui de James Holman.

 

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