Moitié gauche: un rond blanc sur une texture bleue. Moitié droite: l’affiche du film. Le rugbyman rentre de face sur le terrain en tenant 2 enfants par les mains

La trilogie des chats de Bernard Werber en braille :

La mini-série fantastique et non-humaine

Bernard Werber dit: «Je veux profiter de l’outil-roman pour faire mieux que les séries télévisées américaines de Netflix» et « surprendre, surprendre, surprendre, et encore surprendre ! ». Bernard Werber, fidèle à son style mondialement apprécié, mêle sciences, nature, anticipation et fantastique. Il continue sa recherche d’une technique d’écriture quasi cinématographique, à 360°, mêlant savoir et imagination, scénarios à rebondissements et mouvements de caméra illimités, grandes émotions et curiosité intellectuelle, esprit critique et effets miroirs. « Demain les chats », « Sa majesté des chats » et l’épique final « la planète des chats » en guise de tome 3 que l’on décrypte pour vous.

Une humanité en détresse vue par un regard non-humain. Confierons-nous notre leadership à une autre espèce ? « Si le chien est dévoué à l’homme, le chat lui, considère l’humain à son service. »

Le style Werber : la philosophie fiction

Bernard Werber aime à qualifier ses livres de roman « philosophie fiction ». Comprenez une œuvre mêlant la science-fiction, la philosophie, la spiritualité ou en d’autres termes comment appréhender la place de l’homme dans la société au travers différents regards extérieurs, qu’ils soient politique, issus du règne animal et végétal ou même de l’histoire.

Il le dit lui-même «Tout bon roman doit pouvoir se résumer à une blague». C’est peut-être pour cela qu’il affectionne tant l’anthropomorphisme. Donner la parole aux animaux, à l’instar des fables de La Fontaine, est un excellent moyen d’offrir immédiatement sympathie et accessibilité à tous les lecteurs. Entrecoupé d’anecdotes croustillantes et de pépites culturelles issues de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, la science se mêle à la fiction, c’est là la véritable patte de l’auteur.

Mais à y regarder de plus près, Bernard Werber, en profite aussi pour faire un état des lieux de notre époque et en souligner ses travers. Écologie, religion, organisation démocratique, immigration, tout y passe !
Rajoutez à cela bon nombre d’aventures, qui n’ont de limite que l’imagination de leur auteur. Autant dire, aucune ! Même pas le temps de ronronner tranquillement. La trilogie va crescendo pour notre plus grand plaisir et n’a rien à envier aux blockbusters américains. Imaginez seulement, d’une simple minette d’appartement dans le joli quartier de Montmartre à Paris, Bastet, finit par s’autoproclamer Reine des chats sur les buildings new-yorkais. Son ambition ? Préparer l’avènement d’une nouvelle civilisation, l’humanité étant en perdition à cause d’elle-même et les rats ayant pris le pouvoir.

 

Un auteur visionnaire ?

Une épidémie mondiale, des guerres entre les hommes, une organisation sociale qui vacille, des valeurs qui défaillent, la situation de notre société actuelle ressemble à s’y méprendre à celle du roman de Werber. Bien qu’écrit avant le début de la crise sanitaire, l’humain court-il fatalement à sa perte ? Spontanément, Bernard Werber explique que chaque génération devra faire face à une crise, qu’à un moment ou à un autre, le monde entier se retrouve confronté au même problème. Si « plus rien ne sera jamais pareil », ce ne sera forcément une transformation négative. L’essentiel étant d’en tirer des leçons pour avancer, progresser, évoluer.

Dans la trilogie des chats, ce sont les rats qui ont su tiré leur épingle du jeu. Organisé en nombre et selon une hiérarchie autoritaire dans laquelle la loi du plus fort règne en maître, les plus fragiles (malades, âgés, enfants non autonomes) sont tout simplement éliminés. S’opposent à eux les chats qui envisagent davantage la cohabitation entre les espèces survivantes. Grâce à Bastet et à sa possible communication avec les humains, elle tente, non sans mal, de proposer une alternative aux rats. Oui mais voilà, tout n’est pas si simple, les propres intérêts de chacun prenant le pas sur l’intérêt commun. Quelles valeurs finiront par triompher ? À quel prix ?

 

Pourquoi on a aimé ?

Le personnage de Sa majesté Bastet ! Paradoxalement, celle qui voit les humains comme des êtres au service des chats, inférieurs, voire cruels et à qui elle oppose la liberté et la sagesse des chats s’humanise au fil du récit. Doté du pouvoir de communiquer avec les humains, elle découvre tour à tour l’art, l’amour, le rire, l’empathie même, tout ce qui fait l’essence de l’homme. Elle se révèle aussi attachante que son caractère est affirmé.

Le mantra « S’adapter c’est survivre ». La troupe résistante voit son quotidien constamment soumis à l’incertitude quant à sa survie. Il faut se protéger, construire, fuir, reconstruire, former des alliances, gérer la cohabitation entre ou inter-espèces. Optimiste de nature, Bernard Werber nous prouve qu’il est toujours possible d’adopter un regard neuf sur une même situation, de trouver des nouveaux angles de pensées pour se réinventer et faire appel à des ressources insoupçonnées. Les chats sans les techniques humaines ne seraient plus là, les humains sans les chats non plus. La seule porte de salut ne serait-elle pas une cohabitation plutôt qu’une confrontation ?

Céline Rkalovic

Liens et ressources :

 – Le livre en braille « Demain les chats », tome 1:

https://www.cteb.fr/librairie/catalogue/demain-les-chats/

 – Le livre en braille « Sa majesté des chats », tome 2 :

https://www.cteb.fr/librairie/nouveautes/sa-majeste-des-chats/

 – Le livre en braille « La planète des chats », tome 3 :

https://www.cteb.fr/librairie/nouveautes/la-planete-des-chats/

– Retrouvez tous les livres déjà adaptés en braille (11 livres) des écrivains Werber père et fils ici :

https://bit.ly/3nM0qKY

 

– Interview vidéo de Bernard Werber sur les secrets de sa trilogie :

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